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1. Dix clés pour comprendre les noms Mbala
- Les noms donnés aux enfants Mbala traduisent et/ou veulent rappeler un évenement ou une situation particulière vécue par la famille élargie et le clan à ce moment precis.
- Ces situations sont très variées, elles vont des simples " on dits "sur la famille aux disputes, faits de chasse, attitude vécue ou perçue, position dans une dispute ou une bataille etc. La liste est pratiquement infinie, la seule limite est l'imagination des parents.
- Certains désignent un fait, une action, une réalité marquante de la famille ou même un souvenir. D'autres noms découlent de l'histoire familiale et veulent perpétuer l'image d'une figure clanique qui peut être un oncle, un chef, un vaillant etc. D'autres noms enfin sont donnés aux enfants pour sceller une amitié, une relation avec une famille ou un clan auquel on veut manifester son attachement ou sa reconnaissance.
Dans ces conditions donner la liste complète des noms Mbala est impossible et illusoire. Nous nous contenterons de définir quelques "clés qui permettent de comprendre la syntaxe des noms Mbala " que nous illustreront par quelques exemples " génériques ".
- La population Mbala est matriarcale ce qui signifie que ce sont les femmes qui assurent la continuité et l'extension du clan.
- En conséquence les enfants n'héritent pas automatiquement du nom de leur père.
La colonisation et l'évangilisation par les missionnaires ont imposés la pratique de l'héritage du nom du père. Cette pratique, bien commode au point de vue administratif, entraîne dans une societé matriarcale comme les Mbala, une perte de la diversification et une certaine confusion dans l'identification de la lignée clanique.
Sauf pour les jumeaux, les noms donnés à l'enfant se référent principalement à la situation de la famille et non à celle de l'enfant qui n'a pas d'existence propre.
Il ne faut pas se laisser abuser par le caractère souvent péjoratif des noms Mbala, les noms véhiculent souvent une mise en garde. Le nom "Adu-nagow" par exemple signifie "ils ont refusé". En conséquence ils "ceux qui ont refusé" ne devraient compter que sur eux-mêmes en cas de problèmes Souvent ceci n'est pas explicitement exprimé.
Il existe des noms à caractère résolument positif (voir provocateur). "Weni mendji" "Weni-Lemba" il a sa mère, il a son oncle. Ces noms proclament à qui pourrait en douter que ces enfants ne sont pas seuls et en cas de besoin quelqu'un sera là pour les défendre.
Il existe essentiellement deux types de noms : Les noms composés, qui comme le nom l'indique se composent d'un préfixe et d'un suffixe et les noms simples qui sont puisés dans le riche répertoire des mots Mbala. (Voir le dictionnaire Mbala-Français)
2. Les noms composés
Ces noms comprennent un préfixe, et un suffixe. Le préfixe est le déterminatif du nom. Il détermine la condition et le suffixe définit le sens du nom, il complète l'objet.
Les Préfixes
- Préfixe "Adu" = "Ils"
Exprime généralement une action, position ou attitude que "ils" -les autres membres du clan- ont posée, prise. exprimée envers la famille où l'enfant est né. En général les noms en "Adu" sont de conotation négative.
Exemples: Adu-manisa; ils nous ont exterminé.
Adu-duna : ils nous ont refusé
Adu-hanga : ils nous ont chassé
Adu-menga ; ils ont une dent contre nous.
Adu-nagow; ils ont réfusé.
Préfixe; "Amana ";Ils sont;
Exprime un acte qui est terminée, un fait consommé. Il désigne aussi un groupe des gens lié à ce fait.
Exemples: Amana-gwiza : ils sont venus.
Amana-gwenda: ils sont partis
Amana-gow: ils ont terminé.
Préfixe " Asala " = " Ceux qui restent "
Ce préfixe est ajouté quand, après une succession de décès innopinés dans la famille un enfant né avec l'espoir que lui au moins survivra. Dans ce sens le nom traduit un sentiment de soulagement. Mais dans certains cas, il peu aussi traduire le sentiment inverse quand les parents ressentent que ceux qui restent sont incapables de répondre entièrement à l'attente de la famille.
Exemples: Asala-buna ; Le peu qui reste.
Asala-gow : Ceux qui restent seulement
Préfixe " Hatu " = " les hommes de "
Le préfixe " Hatu " est généralement suivi d'un nom qui indique le sentiment qu'a la famille d'appartenir ou au contraire d'être rejettée par le groupe. (clan)
Exemples: Hatu-buna ; les hommes seulement (tous des hommes)
Hatu-eka ; les hommes étrangers
Hatu-kani ; les hommes des autres
Prefixe " lemba " = " oncle "
Comme expliqué ci-haut, l'oncle est un personnage très important chez les Mbala et en général chez les peuples à système matriarcal.
Il est le responsable des enfants de ses soeurs et cousines, c'est lui qui assure leur protection, intervient lorsqu'il y a un litige et décide à propos de leur mariage.
Il n'est pas étonnant que lorsque la famille ressent que l'oncle ou les oncles ne jouent pas leur rôle de façon effective, elle l'exprime par le nom de l'enfant.
Exemples: Lemba-dikani ; l'oncle d'un autre, oncle d'emprunt
Lemba-gusala ; les oncles qui restent, (souvent moins responsables que les vrais oncles)
Préfixe : " Madi ;" = " il (elle) va "
Le préfixe " Madi " exprime l'idée de s'auto infliger quelque, de faire quelque chose tout seul. Voir aussi le préfixe " Udi "
Exemples: Madi-nunga : il va se remettre en question.)
Madi-neta : il va s'amener, s'imposer
Madi-sasa : il va se soigner
Préfixe " mala " = " hommes "
Comme pour le préfixe " Hatu " le préfixe " mala " se rapporte à des situations où la famille ressent le besoin de la présence des hommes. Mais parfois c'est l'absence des filles dand la famille qui est ressentie comme un manque.
Exemples: Mala-buna : les hommes seulement (c'est souvent donné à un enfant dans une famille où il n y a que des garçons.)
Mala-makani : les hommes des autres
Préfixe " mbuga " = " chemin "
Le préfixe " mbuga " traduit géralement la nécessité que ressent la famille de se faire accompagner, et un besoin de solidarité.
Exemples: Mbuga-mbadi : chemin à deux
Mbuga-pindu : chemin refusé (celui qui a toujours des excuses quand on a besoin de lui)
Mbuga-pipa : chemin de nuit
Préfice " Mudi " ou " Mushi " = " originaire de, venant de "
Exprime généralement l'origine réelle ou supposée des parents avec une préférence pour " Mushi " pour les filles, et " Mudi " pour les garçons. Ceci n'est pas une règle stricte. Mais dans une société matriarcale ce nom donne une certaine protection au bébé fille. Il rappelle que l'enfant n'est pas entièrement du clan, il doit en conséquence être traité avec soins et prudence parce que si quelque chose lui arrivait on risquerait des ennuis avec son clan d'origine.
Le préfixe " Mudi " qui est le plus souvent reservé aux noms des garçons, traduit non seulement l'origine mais le caractére de " chef " ou " successeur " désigné d'un chef de village.
Une particularité intéressante à noter avec les noms en " Mudi " est qu'ils sont donnés non seulement à la naissance mais aussi à l'âge adulte lors de l'intronisation d'un jeune comme successeur désigné d'un chef de clan.
Dans son sens premier " d'originaire de, venant de " les préfixes " Mudi " et " Mushi " précèdent le nom d'un village, à tous les noms de villages Mbala on peut ajouter le préfixe " Mudi ou Mushi " et obtenir un nom de personne. En conséquence les noms en " Mushi et Mudi "sont aussi variés que les noms de villages.
Exemples: Mudi-ndambi ; originaire de Kindambi
Mudi-ngongu ; originaire du village Ngongu, ou si donné lors d'une céremonie d'intronisation, successeur d'un chef de clan.
Mushi-gibenga ; originaire de Kibenga
Mushi-pay : originaire du village Pay
Le préfixe "Mweni"="Maître de, propriétaire de, coutumier de "
En exprime l'appartenance directe d'une attribution quelconque à un individu précis, ou le caractère d'une personne.
Exemples: Mweni-gima : maître, propriétaire de l'objet.
Mweni-nguma : coutumier des disputes
Mweni-fumwendji : qui possède un oncle
Mweni-mambu : maître des, coutumier des problèmes, coutumier des affaires
Préfixe " Na " = " qui ? "
En général ce préfixe est ajouté lorsque l'on se pose des questions sur la capaçité de la famille ou du clan à faire face à des situations difficiles.
Exemples: Naga-dala ; qui verra -t-il ?
Naga-hosa ; qui parlera ? qui argumentera ?
Préfixe : "Ndaga" = "la voix, le son, la parole"
Ce préfixe désigne quelqu'un qui sait parler, quelqu'un qui parle au nom d'un autre ou quelqu'un qui sait bien défendre une cause.
Exemples: Ndaga-ganu : simple parole de la bouche
Ndaga-jieka : d'autres paroles, d'autres voix.
Ndaga-mondu : la voix du tambour lokolé
Préfixe : "Nzambi" = "Dieu seul"
Ce préfixe est souvent donné lorsque quelqu'un se sent lésé et voudrait rappeler que le Dieu Tout Puissant est le seul juge suprême et impartial
Exemples: Nzambi-wishi : Dieu seul sait
Nzambi-kenda : Dieu seul aura pitié.
Nzambi-koni : Dieu seul vengera.
Préfixe " Udi " = " tout seul "
Ce préfixe traduit généralement un sentiment de frustration, la famille ressent qu'elle ne reçoit pas assez de soutient de la famille ou du clan dans ce qu'elle entreprend.
Exemples: Udi-ambila ; s'est parlé tout seul (à lui-même)
Udi-anginina ; s'est asseché tout seul.
Udi-gapula ; s'est mis à l'écart tout seul
Udi-mbila ; s'est jété (isolé)
Udi-sasa ; a grandi (s'est élevé lui-même) tout seul
Préfixe " Ugonda " = " celui qui n'a pas "
Ce genre de noms est donné quand les parents ou la famille élargie se sentent abandonnés ou rejettés; par le reste du clan ou les membres de la communauté dans laquelle ils vivent.
Exemples: Ugonda-lemba ; celui qui n'a pas d'oncle. (Remarque: comme nous l'avons dit plus haut, dans les sociétes matriarcales l'oncle joue un rôle aussi important que le père géniteur, il a une responsabilité très importantes sur les enfants de ces soeurs et cousines.)
Ugonda-pangi ; celui qui n'a pas de soeur ou frère.
Ugonda-yaya ; celui qui n'a pas de grand frère.
Préfixe " Zia " = " appartenant à, de "
Le préfixe " Zia " indique ce que les parents vivent ou ressentent à propos de leur appartenance au clan ou au groupe social en général. Le suffixe précise leur sentiments.
Exemples: Zia-dambuda ; appartenant aux anciens, (ce que les anciens ont accumulé).
Zia-gwau ; appartenant aux autres
Les autres préfixes
Il faut noter que en Kimbala n'importe quel mot peut devenir un préfixe pour autant qu'il traduise une action, un état, un sentiment, une situation vécue ou supposée telle.
Ces noms sont les plus nombreux même si aux yeux des autres éthnies les noms mbala typiques commencent avec les préfixes que nous avons définis ci-haut.
Exemples: Akadi-gow : qu'ils restent.
Akela-ageza ; il viendra demain (implique il fait toujours des fausses promesses)
Gi-gwishia ; si l'on savait.
Gumi-dimada : dizaine de coup de fusils
Kita-pindu : celui qui s'excuse tout le temps
Kwi-agenda ; où iront-ils ?
Nzambi-wishi ; Dieu seul sait
Zenga-mambu ; celui qui règle les litiges
Etc.
Les suffixes
Les suffixes qualifient les noms. Ils définissent le caractère de l'action attribuée au préfixe Nous nous contenterons de donner quelques suffixes parmi les plus courants. La plupart sont empruntés au riche répertoire de la langue Kimbala. (voir dictionnaire Kimbala)
- Suffixe : " buna " = "seulement ".
Exemples: Agosuna-" buna " : les femmes seulement
Ganu-" buna " : la parole seulement
Haut-" buna " : les hommes seulement
Gudala-" buna " : observer, regarder seulement
- Suffixe : " eka " = " autres, étrangers ".
Exemples: Vumu-" dieka " : une autre lignée, une lignée étrangère
Ndaka-" jieka " : paroles étrangères
Hatu-" eka " : les hommes étrangers
- Suffixe : " gana " = "mutuel ".
Exemples: Gwifila-" gana " : entenet mutuelle
Gwala-" gana " : attachement mutuel
Guzola-" gana " : s'aimer
Gudala-" gana " : se regarder, être embarrassé
- Suffixe : " ganda " = "le clan, la famille".
Exemples: Sasa-" ganda " : soigne le clan, élève la famille.
Fumu-" ganda " : chef de clan
Mugi-" ganda " : dans le clan
- Suffixe : " giogi " = "Comme cela ".
Exemples: Twenu-" giogi " : allons comme cela (marchons comme cela)
Aweni-" giogi " : qu'ils restent comme cela
Akadi-" giogi " : qu'ils restent avec cela ou comme cela
- Suffixe : " gowu ou gow " = "seulement ".
Exemples: Ahoshi-" gowu " : qu'ils parlent seulement
Aweni-" gowu " : qu'ils restent seulement
Akadi-" gowu " : qu'ils demeurent seulement
Adi-" gowu " : qu'ils mangent seulemnt
- Suffixe : " gwawu " = "autres ".
Exemples: Jia-" gwawu " : appartenant aux autres
Fumu-" gwawu " : le chef des autres
Mutumu-" gwawu " : homme des autres
- Suffixe : " kani " = "des autres ".
Exemples: Hatu-" kani " : les hommes des autres
Manuma-" kani " : la terre des autres
Gimunzu-" kani " : de la maison des autres
Fumu-" kani " : le chef des autres
- Suffixe : "mbadi" = "à deux ".
Exemples: Twendji-" mbadi " : marchons à deux
Gudugagu-" mbadi " : naître à deux
Gwendagu-" mbadi " : aller à deux
- Suffixe : " mwiki " = "quel ".
Exemples: Yala-" mwiki " : quel homme ?
Pangi-" mwiki " : quel frère ? quel ami ?
Mbagu-" mwiki " : quel sage ? quel juge ?
- Suffixe : " pamba " = "inutile ".
Exemples: Mutu-" pamba " : homme inutile
Sangu-" pamba " : nouvelle inutile, aux nouvelles seulement.
Mesu-" pamba " : les yeux inutiles
- Suffixe : " pashi " = "douleurs, difficulté, difficile ".
Exemples: Mbongu-" pashi " : l'argent difficile à trouver
Musalu-" pashi " : le travail difficile
Mutu-" pashi " : homme difficile, problématique
Ma-" pashi " : douleurs
- Suffixe : " ziowu ou iow " = "à eux, leus, seulement ".
Exemples: Piga-" ziowu " : leur incrédulité
Kabu-" ziowu " : leur colère.
Gifwa-" giowu " : leur habitude
3. Les noms simples (non composés)
Ce sont les noms qui sont puisés dans le riche répértoire du vocabulaire Kimbala. Ils ont toujours une signification (voir dictionnaire Kimbala-Français) et se référent comme les noms composés à la situation vécue ou supposée de la famille. Depuis la colonisation de plus en plus de noms se référent à des objects communs ou à des connaissances apport&eacutées par la colonisation et les missionaires. Ce phénomène d'emprunt est cependant moins marqué que chez les peuples voisins des Mbala tels les Pende.
Exemples: Giganda : clan, famille
Gukwikila : croire
Gusoniga : écrire
Koyi : léopard
Mesa : table
Pangu : arguments, enclos
Swikidisa : faire souffrir
Etc.
4. Les noms des jumeaux
Les jumeaux représentent une situation très particulière dans la concept du peuple Mbala. Ils sont le signe d'une bénédiction divine. En conséquence, dans l'entendement du peuple Mbala, ils doivent être protégés et nourris selon des rites spéciaux dont la description sort du cadre de cette présentation.
Les jumeaux de sexe différents
Mbangu : garçon
Nsimba : fille
Ou
Mbangu : garçon
Nzushi : fille
Les jumeaux du même sexe :
Sedi : garçon
Mbu : garçon
Nsimba : fille
Nzushi : fille
5. Les noms de ceux qui naissent après les jumeaux
Kulungu
Kafuti
Sedi
Gagi
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