LA REGION MBALA
République Démocratique du Congo
|
INTRODUCTION
1. Les "ambala"
Les Ambala, sont largement dispersés à travers tout le district du Kwilu, qu'ils débordent même légèrement à l'Ouest, dans le district du Kwango, secteur de Kenge.
Assez tard venus dans la série des migrations des peuples qui occupent aujourd'hui le pays entre le Kwango et le Kwilu, ils sont parvenus, par la guerre et la diplomatie, à s'infiltrer parmi les autres peuplades qui les avaient devancés, si bien qu'actuellement, on rencontre leurs groupement un peu partout, depuis le Sud, dans les secteurs de pays Kongila et de Sungu, jusqu'au Nord-Ouest de la mission de Ngi et le Nord-Est de celle de Djuma. Constitués à certains endroits en vastes peuplements, surtout dans le Sud, ils ne forment ailleurs que de petites communautés vivant côte à côte avec d'autres groupes, parfois dans les mêmes villages.
La carte ci-après montre la dispersion des Ambala et l'insertion des "ambala" au milieu des clans les plus divers.
|
|
La population Mbala vit essentiellement sur 6 zones dans la région de Bandundu, la zone de Bulungu, la zone de Masi-Manimba, la zone de Kikwit, la zone de Gungu, la zone de Feshi et la zone de Bagata. Elle partage ces territoires avec les Pindi, Kwese,Pende et Suku. Ces térritoires sont situés à 500km de Kinshasa, la capitale du pays au Sud Ouest, et s'étendent sur environ 250 KM de part et d'autres de la ville de Kikwit, le centre économique et administratif le plus important de la région.
|
|
2. Langue et Dialectes.
Dans la " Liste des langues et dialectes du Congo Belge " rédigée par le R.P. Van Bulck et publiée dans le " BULLETIN des Séances de l'IRCB " (XXV-1954-1,p. 258-292), le Gimbala est mentionné parmi les langues de la " section de la côte occidentale, groupe du Kwango, sous-groupe de l'entre WAMBA -KWILU, aux côtes du Kingongo, du Kipende, du Kikweese, du Kisoonde et du Kiluuwwa.
Le RP. Van Bulk y distingue trois dialectes : celui du centre (yasa), celui du Nord-Est (Djuma) et celui du Sud (Kikwit). Dans les " recherches linguistiques au Congo Belge " ; (mémoire de l'IRCB, 1948), publié donc antérieurement, le même auteur notait également un quatrième dialecte : celui de Leverville. Cette répartition n'est que provisoire et incomplète. Le RP van Bulk lui-même nous en avertit. Seule une enquête suffisamment détaillée, portant sur tous les groupements ambala, pourra nous permettre de dessiner avec quelque certitude la carte des dialectes. Leur constitution et leurs divergence mutuelles est fonction notamment de deux éléments pouvant jouer d'une façon particulièrement déterminante pour le Gimbala : d'une part, les apparentements entre les divers clans et l'identité d'origine au moment des lmigrations, quelles que soient leurs situations actuelles dans le pays de l'entre Wamba-Kwilu, et d'autres part, les influences récentes des différents autres peuples au milieu desquels les ambala se sont fixés, travaillant à diversifier des parlers qui, à l'origine, pouvaient être identiques.
D'ailleurs, les dialectes du Gimbala ne présentent pas de très grandes divergences. Au contraire, l'unité de la langue est telle qu'un Mumbala de Kikwit ou de Kingandu pourra facilement s'exprimer dans sa langue et se faire comprendre des gens de Ngi. Ce qui ne peut se dire de toutes les langues de la région.
Un autre fait intéressant à notre avis, c'est le prestige dont jouit le Gimbala dans tout le pays. Si, en ce qui concerne les coutumes et les usages, les ambala apparaissent très souples, s'adaptant et empruntant avec beaucoup de facilité à leurs voisins au point d'en oublier leur propre coutume, ils tiennent à leur langue, et parviennent même à l'imposer aux autres.
J'ai remarqué que dans les villages mixtes, dans lesquels vivent côte à côte des ambala et des représentants d'autres peuplades, la langue commune est le Gimbala ; à tel point qu'aujourd'hui, il arrive bien souvent que, parmi les non ambala, seuls les vieux savent encore leurs langues d'origine. Souvent le Gimbala semble réunir les gens de parlers différents, et ce malgré la concurrence du Kikongo introduit et répandu à la fois par les missions, les écoles, l'Etat et les commerçants.
|
|
|